Café-Philo de Saint-Thibault-des-Vignes

Les séances ont lieu le le troisième samedi de chaque mois, de 16h30 à 18h30 (sauf exception) à Saint Thibault des vignes au centre culturel Marc Brinon. Nous rappelons que le sujet est choisi en début de séance.

Ce Café philo est-il fait pour moi ? OUI ! Quelques soient vos connaissances en philosophie, de aucune à expert, Vous serez accueillis avec respect et bienveillance.Tous les détails en cliquant sur ce lien

« Chacun de ceux qui seront reçus dans cette assemblée aura son tour, tant pour proposer la question que pour l’expliquer. Et tous retiendront toujours le même ordre entre eux, afin d’éviter la confusion. L’on s’écoutera parler les uns les autres avec douceur et respect, sans faire paraître jamais de mépris pour ce qui sera dit dans l’assemblée. L’on ne s’étudiera point à se contredire, mais seulement à rechercher la vérité.»

Dernier écrit de Descartes à la reine Christine de Suède, le 1er février 1650

La prochaine séance café philo aura lieu le samedi 17 octobre au centre culturel Marc Brinon à Saint Thibault des vignes

exceptionnellement à 17h.


Après chaque séance, l’animateur et ceux qui le désirent illustrent le dernier sujet traité, avec une touche d’humour, une vision décalée et un approfondissement du sujet.

Remarque de l’animateur qui a proposé ce thème : Le sujet n’était pas « Est-ce qu’une machine animée par l’Intelligence Artificielle peut avoir un jour des émotions ». L’animateur pense que l’on pourrait reprendre le sujet des émotions à une autre occasion

Emotion. De quoi parle-t-on ? : Du latin movere « mettre en mouvement » : Trouble intense et généralement passager, de la conscience provoqué par une situation inattendue et accompagnée de réactions organiques variées, désordonnées et confuses.

Qu’est-ce qu’une émotion. Pourquoi distingue-t-on les émotions primaires et secondaire ? Un article ci-dessous essaie de nous éclairer sur le sujet : Les émotions primaires et secondaires : quelle différence et pourquoi est-ce important ?

Nous vivons dans une société profondément anxiogène. Tout ne va pas bien sur notre planète Terre et chaque événement négatif est amplifié et diffusé à très grande échelle. Il est difficile d’en faire abstraction. Aussi nous sommes souvent submergés par une émotion fondamentale : La peur. Un article ci dessous pose la question : Peut-on vivre sans peur ?

Pour aller plus loin : Un article : Nos émotions sous l’œil des sciences 

Un peu d’humour

Soyons maintenant sérieux !

Les émotions primaires et secondaires : quelle différence et pourquoi est-ce important ?

Ressentir de la peur devant une situation inquiétante puis avoir honte d’avoir eu peur ne correspond pas exactement à deux réactions de même nature. La première émotion répond directement à ce qui vient de se produire. La seconde apparaît à partir de la manière dont la personne interprète sa propre réaction.

Nota : la surprise n’est pas toujours considérée comme une émotion primaire

Cette différence se retrouve dans certaines classifications psychologiques qui distinguent émotions primaires et émotions secondaires. Les frontières ne sont pas identiques dans tous les modèles, mais cette grille permet de comprendre pourquoi notre vie émotionnelle peut devenir plus complexe après la première réaction ressentie.

Une émotion n’est donc pas seulement liée à l’événement extérieur. Nous pouvons également ressentir quelque chose à propos de notre propre émotion, de ce qu’elle signifie pour nous ou de la manière dont nous pensons qu’elle sera jugée.

Quelle différence entre une émotion primaire et une émotion secondaire ?

Une émotion primaire désigne généralement une réaction émotionnelle relativement immédiate à une situation que la personne perçoit comme importante. Elle peut apparaître face à un danger, une perte, une frustration, une satisfaction ou un événement inattendu. Dans plusieurs modèles, la peur, la colère, la tristesse ou la joie peuvent notamment entrer dans cette catégorie.

Le mot primaire ne signifie pas que l’émotion serait plus forte ou plus importante. Il indique surtout qu’elle se situe au plus près de la première évaluation de la situation. Une personne apprend une mauvaise nouvelle et ressent de la tristesse. Elle se sent menacée et éprouve de la peur. Elle rencontre une situation qu’elle juge profondément injuste et ressent de la colère.

Une émotion secondaire implique généralement une étape supplémentaire. La personne interprète ce qu’elle vient de vivre, évalue sa propre réaction ou la replace dans ses valeurs et ses représentations. La honte, la culpabilité, certaines formes de fierté ou de jalousie sont souvent citées parmi les émotions plus dépendantes de ces évaluations.

La frontière n’est cependant pas une règle absolue. Les classifications diffèrent selon les approches psychologiques. L’intérêt de cette distinction est surtout de montrer qu’une première réaction émotionnelle et ce que nous ressentons ensuite à propos de cette réaction ne répondent pas toujours au même mécanisme.

Comment une émotion secondaire apparaît-elle après une première réaction ?

Une situation peut produire une première émotion, puis déclencher une seconde réaction lorsque la personne commence à donner un sens à ce qu’elle a ressenti. La succession peut être très rapide et donner l’impression d’un seul état émotionnel alors que plusieurs étapes ont eu lieu.

Une personne peut par exemple avoir peur au cours d’une situation difficile, puis ressentir de la honte parce qu’elle considère cette peur comme un signe de faiblesse. La honte ne signifie pas que la peur n’existait pas. Elle apparaît parce que la personne porte ensuite un jugement sur sa propre réaction.

Le même mécanisme peut se produire avec la colère. Quelqu’un peut se sentir profondément irrité pendant une discussion puis éprouver de la culpabilité après avoir considéré cette colère comme injuste ou excessive. La seconde émotion dépend alors moins du conflit initial que de l’évaluation portée sur la première réaction.

Il est donc préférable de ne pas parler systématiquement de transformation. Une émotion secondaire ne remplace pas nécessairement l’émotion primaire. Elle peut apparaître après elle, s’y ajouter ou devenir momentanément plus présente dans l’expérience consciente. Cette succession explique pourquoi un ressenti peut sembler beaucoup plus complexe que la situation qui l’a déclenché.

Pourquoi l’éducation et les normes influencent-elles les émotions secondaires ?

Nous n’apprenons pas seulement à reconnaître des situations. Nous apprenons aussi, au fil de notre histoire, quelles émotions semblent acceptables, valorisées ou au contraire mal considérées dans notre environnement. Ces représentations peuvent ensuite modifier la manière dont nous réagissons à nos propres émotions.

Une personne à qui l’on a souvent répété qu’il ne fallait jamais avoir peur peut ressentir une réaction particulière lorsqu’elle se découvre anxieuse ou inquiète. Une autre, habituée à considérer la colère comme totalement inacceptable, peut éprouver de la culpabilité dès qu’elle ressent de l’irritation, même sans avoir adopté de comportement agressif.

Les normes sociales interviennent également dans certaines émotions qui nécessitent une représentation de soi ou du regard d’autrui. La honte suppose par exemple que la personne évalue d’une certaine manière ce qu’elle est, ce qu’elle a fait ou l’image qu’elle pense renvoyer. La fierté implique elle aussi une appréciation de soi et de ce que représente une réussite.

Cela ne signifie pas que toutes les émotions secondaires seraient simplement apprises ou imposées par l’entourage. Leur apparition dépend d’une interaction plus complexe entre la situation, l’histoire personnelle, les valeurs et la manière dont chacun interprète son expérience. L’éducation contribue surtout à construire les critères utilisés pour juger certaines réactions.

Pourquoi distinguer émotions primaires et secondaires aide-t-il à comprendre un ressenti complexe ?

La distinction devient particulièrement utile lorsqu’une personne semble ressentir quelque chose de très différent de sa première réaction. Après une dispute, elle peut identifier principalement de la culpabilité sans percevoir immédiatement la colère qui a précédé. Après avoir réussi quelque chose d’important, elle peut ressentir de la gêne ou de la honte alors que la situation avait d’abord suscité de la satisfaction.

Séparer les différentes étapes permet de comprendre que toutes les émotions présentes ne répondent pas nécessairement au même objet. Une première réaction peut concerner directement l’événement, tandis qu’une seconde porte sur la façon dont cette réaction est évaluée.

Cette lecture évite aussi de chercher une émotion qui serait forcément plus authentique que toutes les autres. La culpabilité ressentie après une colère est bien une émotion réelle. Elle répond simplement à une autre question psychologique. La colère concerne ce qui s’est produit, tandis que la culpabilité peut concerner ce que la personne pense de sa propre réaction.

Distinguer émotions primaires et secondaires ne sert donc pas à établir une hiérarchie entre de bonnes et de mauvaises émotions. Cette classification permet surtout de mieux décrire la succession de certaines réactions émotionnelles et de comprendre pourquoi un événement relativement simple peut produire un vécu intérieur beaucoup plus élaboré.

Une émotion secondaire peut ainsi renseigner sur les valeurs, les attentes ou les jugements que nous appliquons à notre propre expérience. Elle ajoute une nouvelle couche de signification sans effacer nécessairement la réaction apparue auparavant.

Peut-on vivre sans peur ? Dans les rouages scientifiques d’une émotion vitale

Enquête« Emotions ». Ressentir de la peur est nécessaire à la survie. Mais le seuil de réaction en cas de frayeur varie fortement d’une personne à l’autre : certaines ne tremblent jamais, d’autres sont terriblement anxieuses. Les progrès de l’imagerie cérébrale ont permis d’affiner la connaissance des mécanismes en jeu.

Face à une menace, avez-vous senti le cœur qui s’emballe, des sueurs froides, tout le corps qui tremble ? Vous êtes-vous alors enfui ou êtes-vous, au contraire, resté figé ? Bref, avez-vous eu peur ? Pendant près de trente ans, des scientifiques se sont escrimés à détecter cette émotion chez une Américaine. « SM », son nom de code, s’est prêtée à des centaines d’expériences, visionnant des films d’horreur, accompagnant les chercheurs dans une maison hantée renommée… en vain. Au fil du temps, elle leur a montré qu’elle pouvait éprouver toutes les émotions : colère, joie, surprise, dégoût, etc. Mais pas la peur. Dans le magasin d’animaux exotiques où ils l’avaient amenée, elle n’a même eu de cesse de caresser les serpents les plus dangereux et une tarentule, bestioles qu’elle disait pourtant détester.

Et c’est la même chose dans la vie quotidienne de cette femme, âgée désormais d’une soixantaine d’années. Hormis quelques souvenirs d’enfance de frayeurs, les multiples situations dangereuses auxquelles elle a pu être exposée dans sa vie (agressions par des inconnus mais aussi par un conjoint qui a tenté de l’étrangler, menaces de mort…) ne l’ont fait ni crier, ni éprouver le moindre signe pouvant évoquer la peur.

Ce n’est qu’en remplaçant les menaces extérieures par un stimulus interne – lui faire respirer un air enrichi en dioxyde de carbone à 35 %, une manœuvre connue pour induire une sensation de manque d’air et un stress –, que Justin Feinstein et ses collègues ont réussi à déclencher chez la « femme sans peur » une véritable crise de panique. Ces résultats ont été publiés en 2013 dans la revue Nature Neuroscience, un article parmi les dizaines qui lui ont été consacrés.

Comment peut-on vivre sans peur ? Largement partagée au sein du règne animal, cette émotion est l’une des plus anciennes en matière d’évolution et la plus impérative pour la survie. C’est aussi l’une des plus étudiées par les sciences, en particulier à travers des cas exceptionnels personnes comme « SM ». Mais aussi grâce à de multiples expériences de conditionnement, type Pavlov, pratiquées depuis plus de cent ans chez des animaux et des humains.

Dans le cerveau des intrépides

« SM » est en fait atteinte d’une maladie d’Urbach-Wiethe, une affection génétique recensée seulement chez quelques centaines de personnes dans le monde depuis sa description, en 1929. Outre des atteintes de la peau et des muqueuses, elle peut entraîner des calcifications dans le cerveau, en particulier au niveau des amygdales. Et ce sont les lésions particulièrement sévères de ces petits noyaux en forme d’amande qui expliquent, chez « SM », l’absence totale de peur. Ils ne détectent pas des signaux sensoriels externes évoquant un risque imminent, et ne réagissent pas à des dangers avérés. Seule exception : une menace interne à l’organisme – comme lors du test avec air enrichi en CO₂ –, dans laquelle le rôle des amygdales est moins central.

Dans le même esprit, d’autres chercheurs scrutent, notamment par imagerie cérébrale, ce qui se passe dans le cerveau des intrépides et autres casse-cou qui s’adonnent à des activités dont les risques font verdir le commun des mortels. En 2016, la neuroscientifique américaine Jane Joseph (université de Caroline du Sud) a fait passer dans un appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM) fonctionnelle un de ces risk takers (« preneurs de risque »), l’alpiniste Alex Honnold, connu pour escalader sans assurance falaises et gratte-ciel. Anatomiquement, ses amygdales se sont révélées normales. Mais elles sont restées inertes quand le grimpeur a été exposé à quelque 200 images à forte connotation émotionnelle, conçues pour exciter ou susciter dégoût, peur… Aucune activation n’a été observée, contrairement à un sujet témoin avide de sensations fortes. Pour Jane Joseph, Honnold n’a sans doute pas de réaction à la menace. « Il est tout à fait possible qu’il ne ressente aucune peur là-haut », a-t-elle déclaré au magazine Nautilus.

Au-delà de ces patients d’exception, qu’a-t-on appris des mécanismes de la peur ? Ses manifestations physiques sont bien identifiées : face à un danger, le système nerveux sympathique s’active, entraînant l’accélération de la fréquence cardiaque, l’augmentation de la tension artérielle, la transpiration… Le débit sanguin se redistribue vers les muscles, pour préparer le corps à une réaction rapide. « L’adrénaline et le cortisol sont libérés par les glandes surrénales, ce qui mobilise les réserves de l’énergie de l’organisme pour fuir devant un danger ou lutter contre un ennemi », complète le neuroscientifique et journaliste Sébastien Bohler, dans Pourquoi avons-nous peur ? (Plon, 352 pages, 21,90 euros).

Des millions de phobiques

Quant aux circuits cérébraux de cette émotion, ils sont de mieux en mieux connus, mais leur complexité reste un défi. L’enjeu n’est pas seulement théorique. L’objectif est aussi de trouver des thérapeutiques pour lutter contre les formes pathologiques de peur qui touchent des millions de personnes : l’anxiété, les phobies, ou encore les troubles de stress post-traumatique.

« Au début de l’IRM fonctionnelle, dans les années 1990, on a cherché un centre pour chaque émotion, par exemple le “centre de la peur”, mais on est désormais sortis d’une approche trop “localisationniste”,explique le professeur David Sander, docteur en sciences cognitives (Centre interfacultaire en sciences affectives de l’université de Genève, en Suisse). Aujourd’hui, on sait que la peur, comme les autres émotions, met en jeu un vaste circuit avec cinq à dix régions majeures qui s’activent très rapidement. » Une conception partagée par les chercheurs Clément Léna et Daniela Popa, directeurs de recherche Inserm (Institut de biologie de l’Ecole normale supérieure de Paris). « Toute émotion implique quasiment l’ensemble du cerveau, avec une activité distribuée autour de nœuds privilégiés », appuient-ils.

Parmi ces nœuds privilégiés, les amygdales. « De nombreux résultats suggèrent que c’est une sorte de sentinelle, un détecteur de pertinence qui s’active dès qu’un signal est perçu comme important pour l’individu, que cela induise de la peur, de la colère ou encore de la joie », résume David Sander. Avantage : une action potentiellement hyper-rapide. « En recevant des informations sensorielles du thalamus (visuelles, auditives…), les amygdales peuvent réagir à des menaces simples et urgentes en transférant directement des informations au tronc cérébral pour orchestrer des réactions physiologiques immédiates – accélération cardiaque, sudation… – sans attendre les réactions plus complexes mais plus “lentes” du cortex », détaille Daniela Popa.

Le cortex préfrontal (zone de la planification, du contrôle, des prises de décision), intervient, lui, comme régulateur dans le cas de menaces déjà rencontrées par une personne. « Il peut désautomatiser les réponses comportementales de peur, panique, fuite…», résume Clément Léna. En 2016, l’équipe de Cyril Herry (Neurocentre Magendie, Bordeaux) a identifié chez la souris un rythme cérébral clé dans le contrôle de cette émotion. Pendant la peur, une oscillation lente, à 4 Hz, émerge dans le cortex préfrontal et se propage dans les amygdales, synchronisant ces deux régions. Ce rythme organise l’activité de groupes de neurones préfrontaux qui pilotent le comportement de peur. Le reproduire artificiellement suffit à déclencher une réaction de peur chez l’animal.

Contrer l’anxiété

Depuis ces travaux publiés dans Nature et Nature Neuroscience, les chercheurs bordelais poursuivent dans cette voie chez l’humain, auprès de personnes souffrant de phobie sociale mises en situation de stress (parler devant un jury par exemple). « Des ondes lentes comparables ont été retrouvées à l’électroencéphalogramme chez ces volontaires, fortement corrélées à l’anxiété », souligne Cyril Herry, précisant que ces résultats sont en cours de publication. A terme, il espère proposer des thérapies non invasives (stimulation magnétique ou électrique transcrânienne) ciblant ce rythme, pour traiter l’anxiété ou l’état de stress post-traumatique.

Clément Léna et Daniela Popa ont identifié un autre acteur majeur et inattendu du circuit cérébral de la peur, le cervelet, longtemps considéré comme étant le centre de coordination de la motricité et de l’équilibre. Mais depuis 2020, des travaux de leur équipe chez la souris ont montré que les connexions entre le cervelet et les zones cérébrales de la gestion des émotions participent, en collaboration avec le cortex préfrontal, à l’apprentissage de l’inhibition de la peur. « Le cervelet, qui héberge plus des deux tiers de nos neurones dans un volume très compact, reçoit des informations massives du corps et du cerveau. Et il effectue des calculs automatiques et implicites pour déterminer avec le plus d’acuité possible s’il faut rester dans un état émotionnel donné ou en sortir, ou encore modifier ses critères sur le risque présent », synthétisent les deux chercheurs. Selon eux, le cervelet, zone accessible par des techniques de stimulation non invasives, pourrait être une cible pertinente pour traiter des peurs pathologiques.

A l’Université catholique de Louvain, en Belgique, le chercheur Bram Vervliet travaille sur une autre approche : adapter des techniques de psychothérapie pour désamorcer les peurs pathologiques en éduquant à la sécurité. En étudiant des personnes anxieuses et d’autres indemnes de ces troubles avec des tests de conditionnement, il a montré que l’apprentissage de la peur est aussi rapide dans les deux groupes. « En revanche, nos expériences montrent que les anxieux ont beaucoup plus de mal à intégrer des signaux de soulagement lorsqu’une menace attendue ne se produit pas, explique le chercheur en psychologie. Or, c’est un moteur essentiel pour désapprendre la peur et se sentir en sécurité. » Chez des rongeurs, des chercheurs allemands ont découvert que cet apprentissage du soulagement passe par le système de récompense et les voies de la dopamine. Un résultat que Bram Vervliet a confirmé chez l’humain par IRM fonctionnelle. Une piste de plus pour lutter contre ces émotions pathologiques qui font tant de dégâts dans nos sociétés.

Le cas du bébé Albert : les débuts controversés des expériences de conditionnement chez l’homme

Induire des comportements de peur pour mieux les comprendre, puis tenter de les maîtriser. Depuis un siècle, les chercheurs se sont largement appuyés sur des tests de conditionnement, dont certaines expériences qui paraissent impensables, choquantes même, aujourd’hui. Ainsi de celles menées en 1920 par le couple de psychologues américains John Broadus Watson et Rosalie Rayner, sur un bébé d’environ 1 an, nommé le « petit Albert ». Les psychologues lui ont d’abord présenté des stimuli « neutres », qui n’ont induit aucune réaction : divers animaux dont un rat blanc ou encore du papier journal enflammé. Puis, ayant remarqué qu’il était effrayé par un bruit métallique strident et soudain, ils l’ont conditionné en produisant ce signal sonore tout en lui montrant le rat.

En quelques jours, la seule présentation de l’animal, même sans signal sonore, a suffi à déclencher chez le bambin des pleurs et une tentative de fuite à quatre pattes. Les comportements de peur se sont ensuite étendus aux autres objets ou animaux partageant des caractéristiques avec le rat blanc : manteau de fourrure, lapin…

La publication, datée de 1920, et les extraits vidéo de l’expérience, qui restent accessibles, font toujours couler beaucoup d’encre. « Cette étude, qui bien évidemment ne serait acceptée par aucun comité d’éthique, reste le point de départ de la recherche sur le conditionnement à la peur chez l’humain », souligne le chercheur en psychologie Bram Vervliet (département cerveau et cognition de l’Université catholique de Louvain, en Belgique). Selon lui, un de ses intérêts majeurs a été de « contredire la théorie alors dominante de Sigmund Freud selon laquelle la peur était le produit d’un désir refoulé ou de la crainte de perdre un objet d’affection, et de montrer que cette émotion peut s’installer à la suite d’un événement traumatique ou d’une association ».

Aujourd’hui, les tests de conditionnement à la peur sont très encadrés, et plus subtils. « Les chocs électriques que nous utilisons sont d’une faible intensité, que les volontaires choisissent eux-mêmes », précise le chercheur belge. Quant aux stimuli associés, ce sont des figures géométriques de type triangle ou cercle et non plus des rats.

adaptées.

Article pour aller plus loin :

Nos émotions sous l’œil des sciences 



Planning des débats 2026

Planning des débats 2026

DateSujet du débatNombre de participants
Samedi 17 janvier 16h30La liberté de penser consiste-t'elle à pouvoir penser ce que l'on veut ? 16
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Samedi 18 avril 16h30La certitude est-elle l'ennemie mortelle de la tolérance ?12
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Samedi 11 juillet 16h à ChanteloupPour vivre heureux, vivons cachés10
Samedi 22 Aout 16h à ChanteloupFaire table rase est-ce détruire pour reconstruire ?14
Samedi 19 Septembre 16h30L'émotion est un régime de mouvement qui s'établit dans le cœur sans la permission de la volonté, et qui change soudainement la couleur des pensées.13
Samedi 17 Octobre 17h00
Samedi 21 Novembre16h30
Samedi 19 Décembre 16h30

Ci-après, des articles pour illustrer nos débats.

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Débats 2024-2025

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DateSujet du débatNombre de participants
Samedi 18 janvier 16h30L’idéal de la Liberté est-il compatible avec l’idéal d’Egalité ?19
Samedi 15 février 16h30La haine n'est pas le contraire de l'amour, c'est l'indifférence.9
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Samedi 21 juin 16h30Qu'est-ce que je perds quand je perd mon temps12
Samedi 19 juillet de 16h30 à 18h30
Philo au Jardin au Théâtre de Verdure à Chanteloup
Comment les spiritualités ont elles pu survivre aux avancées techniques et philosophiques ?7
Samedi 23 août de 16h30 à 18h30 Philo au Jardin au Théâtre de Verdure à ChanteloupNous sommes ce que nous faisons13
Samedi 20 Septembre 16h30L'erreur propre aux artistes est de croire qu'ils trouveront mieux en méditant qu'en essayant... Ce qu'on voulait faire, c'est en le faisant qu'on le découvre.15
Samedi 18 Octobre 16h30Le Pardon libère l'âme12
Samedi 15 Novembre 16h30Si la peur frappe à ta porte et que tu as le courage de l'ouvrir, tu t'apercevras que derrière il n'y a personne" (sylvain Tesson).16
Samedi 20 Décembre 16h30Pourquoi fait-on croire aux enfants que le père Noël existe ?15

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DateSujet du débatNombre de participants
Samedi 20 janvier 16h30"L'importance du beau"10
Samedi 17 février 15h30"Le bonheur, voyage ou destination ?"8
Samedi 16 mars 17h00"La seule véritable erreur est celle dont on ne retire aucun enseignement"9
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Samedi 24 Aout 16h30"En quoi est-ce que les événements qui risquent de m'arriver me semblent plus importants que ceux qui arrivent aux autres ?"13
Samedi 21 septembre 16h30L'art contemporain12
Samedi 19 octobre 16h30Décider et choisir est-ce la même chose ?12
Samedi 16 novembre 16h30Avancer c'est reculer15
Samedi 21 décembre 16h30Photo : Illusion ou réalité14
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